Souvenirs de Saint-Louis – Puerta del sol

par | 29 Mai, 2016 | Lettre à ... | 0 commentaires

Nous avions en 1ère un professeur d’espagnol
particulier, haut en couleur.

Nous passions nos cours à nous raconter nos vies,
enfin à l’écouter raconter la sienne plus qu’à faire de l’espagnol.
Je ne ratais jamais ses cours, des moments de franche
rigolade.
Crédit photo: http://angefeeca.canalblog.com/archives/2011/05/02/21036081.html

Je me souviens qu’une fois pendant son cours, nous nous
sommes retrouvés entrain de parler de cahier de souvenir. Comment cette
conversation est-elle arrivée, je ne saurai le dire.

Notre très cher Señor a
alors fait appel à sa mémoire de CM2 pour nous raconter une histoire dont lui
seul avait le secret.
En son temps, comme au nôtre d’ailleurs il était de coutume
avant la fin de l’année que chaque élève (fille) prépare un cahier de souvenir.
Il s’agissait pour elle de demander à ses amis de répondre à des questions de
type portrait chinois et à la fin d’écrire librement soit un poème soit un mot.
Le camarade de classe en question avait la latitude d’écrire ce qui lui passait
par la tête. Et en prime pouvait coller soit un poster ou des bonbons ou n’importe
quoi pour l’amie en question.
La propriétaire du cahier s’appelait Tabara, et avait remis
le cahier à un de ses camarades dont j’ai perdu le nom, qui était secrètement amoureux d’elle.
Ce dernier avait laissé
ce poème :
« Ô Tabou,
Bientôt les vacances,
tu seras auprès de ton père, de ta mère et de ta famille,
Tu nous oublieras bien
vite,
Mais grâce à ce cahier
de souvenir tu te SOUVENIRAS longtemps de nous,
Ô Tabou ta beauté
MAGNANIME est RADIAPANDANTE »
 
Je ne raconte pas ma vie ! Heureusement que les
personnes avec qui j’étais en cours sont toujours là. Quand on lui a demandé qu’était
devenu le fameux soupirant de Tabou, il rétorqua que la dernière fois qu’il l’avait
vu, il apprenait le métier de maçon.
Et pour en finir avec ce très cher Señor, il a convoqué un
autre jour sa mémoire pour nous raconter sa promenade à la Puerta del Sol.

Il se
promenait en grand boubou 3 pièces blanc sur la plaza del Sol à Madrid, c’était
son premier voyage. A un moment donné, il a commencé à entendre une clameur l’accompagner,
les gens applaudissaient à son passage en l’appelant : « Kounta Kinte! Kounta Kinte! Kounta Kinte! », alors il décida de ralentir le pas, de déployer
son grand boubou, de tendre les bras et de continuer à marcher en hochant la
tête, accompagné par la clameur du Kounta Kinté des madrilènes.

 

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