Miroir Maîtresse d’un homme marié – épisode 22

par | 21 Avr, 2019 | Nouvelles | 0 commentaires

La lourde porte en métal se referme derrière moi avec un grincement qui me hérisse les poils. En ce jour naissant, je lève les yeux et voit ce que je n’ai plus vu depuis cinq longues années. Des personnes libres de leurs mouvements vaquant chacune à leurs occupations.
Il fait encore froid en ce matin de février, le pagne en wax et le t-shirt que je porte ne suffisent pas à faire barrière. Je rabats les deux côtés de mon voile sur mes épaules, jette un dernier regard en arrière et avance résolument vers la route.

Un taxi me ramène avec pour tout bagage un grand sachet jaune, contenant les vestiges de ma vie.

Je reste comme pétrifiée devant la maison de ma sœur N’osant pas sonner. Je m’assois devant la porte, quelqu’un finira bien par sortir.

Au bout d’une heure, le bruit du crochet me tire de ma rêverie. Je m’empresse de me lever, de me retourner et tombe, sur la belle jeune femme qu’est devenue ma fille. Cinq ans sans la voir. Je lis dans ses yeux toute la souffrance que l’absence d’une mère peut porter à un enfant. Elle me tourne le dos et repart en courant et en sanglotant à l’intérieur de la maison. Je la suis à l’intérieur. Je n’essaierai pas aujourd’hui. Pas envers elle. Il faudra du temps beaucoup de temps.

Ma sœur sort de sa chambre au moment où j’arrive dans le salon. Sans un mot, elle s’installe et me désigne un fauteuil. Le silence qui s’installe entre nous est assourdissant. Elle le rompt au bout de ce qui me semble une éternité sortant enfin le nez de son téléphone.
– tu vas bien
– Oui
– Parfait! J’ai coordonné avec le gardien que nous avons mis chez toi ainsi que la femme de ménage qui venait une fois par semaine. Par chance, elle est passée hier. Tu trouveras ta maison telle que tu l’as laissée. Toutes tes factures sont payées et tout est à jour. J’ai demandé à la femme de ménage de s’y rendre aujourd’hui aussi, dans le cas où tu souhaiterais pouvoir manger quelques chose ou faire faire des courses.

En se dirigeant vers son bureau. Elle revient avec un classeur qu’elle me tend.
– Tout est à l’intérieur. On pourra faire le point quand tu le souhaites.

Elle décroche du mur des clés qu’elle me remet aussi, je reconnais le porte clé. Ce sont les clés de ma maison. Elle sort ensuite d’un tiroir un porte-feuille, qu’elle me tend. Il est intact. Contenant mes cartes bancaires expirées, et les 300 mille fcfa que j’avais avec moi ce jour là.

Elle se dirige vers la porte de la maison. Son invite ne laisse place à aucun doute. Je n’étais pas la bienvenue chez elle. Elle répond « non » suffisamment fort pour que la personne concernée nous entende, à la question muette que mes yeux lui posent.

La porte d’entrée se referme dans mon dos. Je suis de nouveau dans la rue, je hèle un taxi et m’y engouffre sans le négocier. Il me ramènera chez moi. Je trouve ma maison telle que je l’ai laissée. J’entre dans ma chambre sans un mot, traverse celle-ci et entre dans ma salle de bain immaculée. J’enlève les haillons qui me servent d’habits et les mets dans la poubelle. L’eau chaude qui se déverse sur mon corps me fait monter les larmes aux yeux. Je craque et me retrouve sur le sol, pleurant toutes les larmes de mon corps. Pourquoi me suis-je mise dans un tel bourbier. Il ne me reste plus rien, ni personne. Je pleure longtemps, avant de me décider à sortir. Une petite robe en coton suffira. Je me jette dans mon lit et m’endors profondément pour la première fois depuis cinq ans.

L’appel à la prière me réveille. Je suis désorientée, ne me souvenant plus d’où j’étais. Un instant de panique, vite contenu. Je fais mes ablutions et m’installe sur la natte pour prier. J’ai dormi toute la journée. Je retrouve mes vieux gestes, allumant la Tv et coupant le son.

Je me promène ensuite dans les pièces. Le réfrigérateur est approvisionné. J’ai de quoi tenir un siège. Je décide d’aller m’installer au salon avec un plateau repas et j’allume à nouveau la télé. J’ai toujours beaucoup aimé regarder la télé. Je pouvais rester un week-end entier sans sortir de la maison, enchaînant les séries, les enfants faisant les pitres ne nous laissant pas de répit. Ces moments de bonheur en famille. Réveillés aux aurores par les enfants, nous nous faisons un plaisir de leur faire la cuisine. Eux contre nous. Pendant que je m’occupais des crêpes lui s’occupait des omelettes. En un temps record nous nous retrouvions avec un brunch digne des plus grands restos. Le bruit des dessins animés d’une part, des films d’ados d’autre part nous rendait fou. De cette folie que nous aimions. La maison n’a jamais été aussi silencieuse qu’elle l’est à présent. Nous réfugiions à nouveau dans notre chambre rien que tous les deux, laissant aux enfants la maison à,mette sens dessus dessous.

Pendant que ces pensées défilent dans ma tête entre rires et larmes, des images à,la télévision captent mon attention, je monte le volume et tombe sur une furie, qui raconte comment elle a découvert l’infidélité de son mari.

J’éteins la télé en criant et pleurant. Je n’arrivais plus à me contrôler ni à arrêter de pleurer. Non ce n’est pas vrai. Non je ne veux pas revivre cela. Non. Non. Non

Ma vie a basculé pour les mêmes raisons.

Et le pire pour moi c’est qu’en réalité mon mari ne m’a jamais trompé. J’ai détruit la vie d’une autre femme. La mienne aussi. Mon mari m’a quittée. Mes enfants ne veulent plus entendre parler de moi. Et ma meilleure copine qui a monté toute cette histoire a disparu depuis très longtemps.

Je sors de 5 ans de prison pour violence, calomnies, injures,…
Je dois remercier ma providence qui a mis sur mon chemin un bon avocat qui a réussi à faire en sorte que le barbarisme ne fasse pas partie de la liste des horreurs innommables que j’ai pu commettre.

« Article 294 – Tout individu qui, volontairement, aura fait des blessures ou porté des coups ou commis toute autre violence ou voie de fait, s’il est résulté de ces sortes de violence une maladie ou incapacité totale de travail personnel pendant plus de vingt jours, sera puni d’un emprisonnement d’un an à cinq ans et d’une amende de
20.000 à 250-000 francs; le coupable pourra en outre être privé des droits mentionnés en l’article 34 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
Quand les violences ci-dessus spécifiées auront été commises sur une personne
du sexe féminin ou une personne particulièrement vulnérable en raison de son état de grossesse, de son âge avancé ou de son état de santé ayant entraîné une déficience physique, le coupable sera puni d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 30 000 à 150 000 francs. Le sursis à l’exécution de la peine pourra être prononcé (Loi n° 99-05 du 29 Janvier 1999). »

« Paragraphe Il
Calomnies, injures,révélation de secrets
Article 362
Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, fait une dénonciation calomnieuse contre un ou plusieurs individus, aux officiers de justice ou de police administrative ou judiciaire ou à toute autre autorité ayant le pouvoir d’y donner suite ou de saisir l’autorité compétente, ou encore aux supérieurs hiérarchiques ou aux employeurs du dénoncé, sera puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs.1.
Le Tribunal pourra en outre ordonner l’insertion du jugement, intégralement ou par extrait, dans un ou plusieurs journaux, et aux frais du condamné. Si le fait dénoncé est susceptible de sanction pénale ou disciplinaire, les poursuites pourront être engagées en vertu du présent article soit après jugement ou arrêt d’acquittement ou de relaxe, soit après ordonnance ou arrêt de non-lieu, soit après classement de la dénonciation par le magistrat, fonctionnaires autorité supérieure ou employeur compétent pour lui donner la suite qu’elle était susceptible de comporter. La juridiction saisie en vertu du présent article sera tenue de surseoir à statuer si des poursuites concernant le fait dénonce sont pendantes. La loi ne distingue pas entre le cas ou la relaxe est motivée par l’inexistence du fait dénoncé et celui ou elle est prononcée au bénéfice du doute. Il n’en résulte pas moins dans le dernier cas que les faits dénoncés ne sont pas établis et que le dénonciateur n’a pas fait la preuve dont il a assumé la charge par sa dénonciation.
L’appréciation des éléments de preuve sur ce point échappe au contr »

@dukokalam

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