Miroir Maîtresse d’un homme marié – Episode 19

par | 5 Avr, 2019 | Nouvelles | 0 commentaires

– F do ñëw reer ci kër ga subë?
– Shii Dije, je suis fatiguée et dîner en début de semaine du Dem. On va oublier l’heure et je vais perdre ma semaine.
– F may ma waay jëkër laajul reer. Doom jooyul. Bu la neexe sax fanaan
– Wa baax na, je viendrai

Je ne sais pas quoi faire de Dije, di na dem rek. Dije et moi sommes amies depuis 30 ans. Nous avons tout fait ensemble. Nous avons toujours habité le même quartier, fréquenté les mêmes écoles. Nos parents sont devenus amis à force de nous voir.

(Le lendemain soir)

– F fo nekk?
– Ma ngi ni di garer bayyil ëppël
– Baax na yow lay xaar pour ñu reer.

(Je me gare. Sonne et entre)

Dije m’accueille avec de grands cris à son habitude. Elle est complètement folle mais qu’est ce que je l’aime. Je laisse mes affaires dans le salon et la rejoins dans la cuisine. Elle fait au moins trois choses en même temps à t’en donner le tournis. Elle me met entre les mains, le plateau de service, la nappe et les torchons. J’ai compris que je devais faire la table, je fais demi-tour et me dirige vers la salle à manger, quand je l’entends crier :
– Non F, sur la table basse du salon. On doit regarder la série en même temps.

Je n’ai jamais vraiment compris comment une femme belle, intelligente, successful pouvait à ce point perdre son temps devant les bêtises que la tv sénégalaise pouvait débiter à longueur de journée. J’installe tout. Dije déboule au moment où je finis. Pose ce qui reste s’empare de la télécommande et se jette sur le canapé.
– Dije, les enfants ne mangent pas? Do wo sa muse?
– Ils sont pas là. Les enfants sont en week-end et muse en voyage. S’ils étaient là tëp koon na ñu ca kaw.

Elle zappe et trouve la chaîne qu’elle cherchait, tombant sur le générique de début de la série MHM. Nous discutons en mangeant, Dije concentrée sur la série moi moins… Quand au détour d’un dialogue entre les acteurs j’entends cette phrase « Aduna bi ku nekk ak sa Astarfulla »

Ces mots résonnent dans ma tête, réveillant un vieux souvenir, un cauchemar. J’en ai encore des sueurs froides. Comment j’ai pu faire cela?
Je nous revois lui et moi, chez moi, dans mon lit… Nos souffles mêlés, nos corps entremêlés, ne formant plus qu’un. Son odeur imprégnant chacun de mes pores, sa chaleur m’enveloppant… Je n’avais jamais vécu cette harmonie. Je ne l’ai jamais retrouvée. Nos corps unis dans une danse tantôt lente tantôt endiablée…

J’ai chaud d’un coup…

Cela ne s’est plus jamais reproduit après ce jour.

J’ai les larmes qui me montent aux yeux.

Je me fais honte.

J’ai couché avec le mari de ma meilleure amie.

Astaghfirulah!

 

 

 

Du Kokalam

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

D’AUTRES PETITS RIENS…

Destins froissés

Destins froissés Il y'a des jours comme ça où brûler le feu est meilleur.Éviter le statique destin dans ces yeux de vivants aux arrêts. Parce que, pour beaucoup, ce n'est pas rose. Comme une vie à l'arrêt. Au rouge.S'arrêter pour ne presque plus repartir.Les rêves ?Il...

L’envol du Xalam 2

C'est l'histoire d'une bande de potes, qui a inventé sa propre musique. Préférant renoncer à la facilité, vivre dans le dénuement pour revenir encore plus fort. Le Xalam 2. https://soundcloud.com/dukokalam/lenvol-du-xalam-2/s-O2X112nTjST

6 ans dans nos vies

Je n’aime pas le mois de juillet, je crois que c’est un sujet que je n’ai jamais réellement abordé. Je ne l’ai, en vrai, jamais assumé. Avec toujours cette peur que l’énoncer le rende réel. Vous connaissez certainement ce sentiment, qu’on pourrait aussi appeler...

Suivez nous sur: