Critique LES MIROIRS DU SILENCE de Zoubida BENGELOUNE FALL

par | 5 Déc, 2018 | Paru ailleurs... | 0 commentaires

C’est pour moi un réel plaisir de vous présenter la chronique complète de Aminata Fall du recueil “Les Miroirs du silence” lors de son passage dans “Impressions” de Sada Kane

J’ai le plaisir de présenter aujourd’hui cette œuvre « Les miroirs du silence », recueil de nouvelles écrit par Zoubida Bengeloune FALL qui est sénégalaise, communicante de profession et bloggeuse.

Elle a baptisé son blog ‘’DuKoKalam’’, un jeu de mots qui renvoie à l’univers de l’auteure : Zoubida Fall c’est le vague à l’âme d’une observatrice qui vogue allègrement  sur une foultitude de vies chapardées un court instant.

Elle a ce côté inquisiteur discret, car c’est elle partout dans le livre mais c’est aussi elle dix-neuf autres fois à travers des personnages fictifs. Ses personnages sont très variés allant du mari agacé par la docilité excessive de son épouse, à l’étudiant dont les parents triment pour payer sa scolarité, en passant par le marchand ambulant au quotidien éreintant.

La tonalité de l’ouvrage est naturaliste. Le happy end a été soigneusement évité sauf pour Borom table bi, la vendeuse de légumes, Jeune cadre dynamique et Girl empowerment.  Qui sont les histoires qui me semblent les plus percutantes. Car elles n’affichent aucun pathos, font rire –même s’il s’agit d’un rire jaune– et laissent une belle place à l’espoir pour ce qui est de la bravoure de la vendeuse de légumes. Nouvelle dans laquelle on trouve un incipit très beau. Page 90 « …. »

C’est bien le seul couple heureux du livre. Et il en regorge d’histoires de couples échouant leur relation par A ou par B. L’auteure ne veut donner de fin heureuse à à peu près aucun de ses personnages ; hommes, femmes, enfants, auront chacun à subir misère et malheurs. On va les voir souffrir. La férocité du destin déliquescent qu’elle assène à une toute jeune fille jusqu’à la folie, va en émouvoir plus d’un.

On peut facilement s’enliser avec ses sujets sensibles qui véhiculent soit un excès de bons sentiments soit l’inverse, l’excès de négativité. L’auteure a la pudeur de ne justement jamais trop en dire. On trouvera même que c’est un chouia trop court. Je comprends bien cette concision. Un peu plus et on tomberait dans la caricature. Et voici un des points forts du livre, c’est la justesse du propos. Les instants de vie projetées ressemblent à de la non-fiction, un genre que j’affectionne. Car il est gage d’authenticité. Ces personnages sont crédibles et réalistes à s’y méprendre.

 

C’est remarquable aussi comment ces furtives histoires forment un précipité de la vie du sénégalais lambda. Qui cherche obstinément à trouver du travail, subissant l’injonction de gagner de l’argent, et qui lorsqu’il travaille, échoue à contenter les besoins de sa famille avec ses maigres moyens.

Le décor dakarois, à deux ou trois exceptions près, est celui des couches défavorisées et même celui des classes moyennes qui se sont paupérisées. Avec comme corollaire le délitement familial. Cette désillusion est bien rendue dans le vendeur à la sauvette. Extrait page 69 « … »

Le cheminement de ce livre est celui d’un travail de groupe, la MAD TEAM. Une bande de gais lurons très actifs sur les réseaux sociaux qui ont cloué au pinacle Zoubida Fall et l’ont soutenue dans ce projet de donner corps à un art d’écrire qui n’avait qu’une existence virtuelle. A n’en pas douter,l’édition en valait la peine. L’auteur connaît son sujet sur le bout des doigts.  Et c’est un plaisir de lire ces histoires si accrocheuses et bien de chez nous.

Petit bémol : le wolof est-il vraiment soluble dans le français écrit ?

Terminons par un grand bravissimo ! Zoubida.

Aminata FALL DIA
PS: Aminata Fall Dia est aussi auteur et a signé son premier roman intitulé “Une africaine au Japon” sous le nom de Nina Wade

PS2: Si vous n’avez toujours pas acheté votre exemplaire, vous pouvez  vous le faire livrer directement par Tex Courrier au 338241454 ou l’acheter sur Amazon

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